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Développement


Ce mot n’était au départ utilisé que dans des domaines restreints, car son sens était plutôt technique ou scientifique. Le sens actuel politico-économique est assez récent mais il est devenu omniprésent, notamment aujourd’hui dans l’expression «développement durable»

Le dictionnaire
mentionne d’abord, l’idée d’une extension dans l’espace (sortir d’une enveloppe, dérouler, déployer) , puis celle de croissance (par analogie avec les plantes) et le sens plus général de progrès ou même de modernisation. Le développement est donc en réalité un quasi-synonyme de la croissance, en plus général, en moins exclusivement économique. Le terme de développement se distinguerait de la pure et simple croissance matérielle par un contenu moins strictement matérialiste: l’indice de développement humain (IDH) promu par Amartya Sen est une combinaison du PIB des économistes (lui même plus monétaire que matériel) avec des critères touchant à la santé, à la longévité, à l’éducation et aux droits politiques.

Il reste malgré tout, que le contenu matériel du développement (celui qui se heurte aux limites de la planète) est loin d’être négligeable, et que les parts abstraites, virtuelles ou immatérielles sont largement connectées avec ces éléments matériels (hautes technologies énergivores pour la diffusion de l’information, multiplication des voyages et des transports, aménagements divers, etc…)

Quoiqu’il en soit, le mot développement, terme d’apparence neutre et technocratique, moins matérialiste permet d’éviter le mot croissance, aujourd’hui associé à la prédation de la planète. Par rapport au mot progrès, il est aussi moins chargé de connotations éthiques prêtant à débat. Vaguement associé à l’éclosion des bourgeons, au déploiement de la végétation, le développement devient un phénomène naturel avec des connotations positives. Il est la manifestation de potentialités déjà en germe, la concrétisation d’un espoir.

Autant ce terme peut sembler bien choisi quand il concerne les pays que plus personne n’ose qualifier d’arriérés, et dont on préfère souligner le potentiel encore caché, autant le développement devient problématique quand on l’applique à des pays hyperdéveloppés. La civilisation de ces pays a déjà dépassé la phase d’éclosion et de croissance, et a pratiquement atteint un optimum raisonnable. Poussés ensuite par le moteur de la croissance économique, ces havres d’abondance sont même entrés dans une logique de foisonnement, de prolifération, de pullulement et de gaspillage, qui dépasse la maturité, au delà du nécessaire et même du souhaitable. Le développement durable , on y croit encore, mais si on disait la prolifération durable ou le pullulement durable, la supercherie éclaterait au grand jour. Les pays riches ont probablement moins à se soucier de leur développement qu'à progresser en sagesse et en solidarité.

Parlons donc de développement durable pour les pays défavorisés
par la géographie et l’histoire, qui ont encore un grand potentiel souhaitable de progrès technique ou humain, et admettons même que ces pays ont droit à une croissance économique, avant d’atteindre les limites d’impact acceptables en termes de ressources et d’environnement. Cette croissance devrait avoir pour objectif non pas d’imiter l’exemple des actuels pays développés, mais d’atteindre un bien-être compatible avec les grands équilibres planétaires.

En revanche, pour les pays déjà développés, parlons plutôt de mutation ou de reconversion vers le durable. Au besoin, parlons même de décroissance, ne serait-ce que pour contredire plus ouvertement la religion économique contemporaine. Même si nous sommes assez satisfaits de la civilisation dont nous sommes héritiers, nous savons qu’elle n’est pas durable et donc qu’il nous faut corriger le mauvais exemple que nous donnons. Quoiqu’en pensent ceux qui assimilent bonheur et consommation, et même si certaines remises en cause peuvent sembler difficiles, il serait simpliste et faux de penser cette mutation se traduise par un rationnement inacceptable du bonheur.


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quartier Vesterhamn à Malmö

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quartier Vauban à Fribourg en Brisgau


Antoine Li               http://www.think-thimble.fr
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